La nuit s'étire. Je ne sais pas bien ce que je vais raconter, je n'ai plus les yeux en face des trous. Et pour cause. Il est 5h37, je ne me suis pas encore couchée et ne me coucherai pas. Mère, ne fronce pas trop les sourcils. Ta fille spécialiste de la dernière minute a été rattrapée par le temps, pour une fois. Il est 5h38, et je n'ai pas fait la moitié de mon devoir à rendre à 13h cet après-midi. Bonjour l'angoisse ? Pas vraiment. A 5h39, il n'y a plus la place dans un cerveau brumeux et des muscles fatigués pour l'énergie du stress.
Il a commencé à neiger sur les toits d'Huntingdon. Je n'aurais pas cru qu'il neigerait d'abord en France, et en plus grande abondance encore ! Je m'attends tout de même à l'hiver le plus froid que j'aie connu, dès mon retour en janvier. Les semaines ont filé, et les derniers examens approchent. Mon esprit barbouillé tente de compter tout ce qui lui reste à encaisser avant les fêtes. Les deux "papers" pour vendredi dernier : check. Le portfolio d'allemand avec un tas de trucs ennuyeux dedans : check. Le "paper" de media analysis pour demain : mi-check, autant dire pas check du tout. Examen d'histoire de l'art mardi : par-dessus la check, et la jambe aussi. Examen de com vendredi prochain : pas check du tout, mais deux jours pleins pour réviser en perspective. Et pour finir en beauté, "paper" d'histoire russe sur les méandres poutinesques : encore moins check, bouquin de 200 pages à engloutir avant de pouvoir écrire une ligne. Contrariant. Mais j'aurai tout un week-end de solitude dans un campus en grande partie vidé de sa population pour m'y consacrer. Doublement contrariant. Le silence va faire tout drôle. Enfin, s'il neige, je me sentirais comme à Pétersbourg, et avec un peu de chance, me glacerai d'inspiration. Ma plume glissera alors sur le verglas de ma pensée et explorera les flancs escarpés d'un papier glacé de Sibérie pour tenter de comprendre quelque chose à l'histoire slave. Le feu sous la glace, la métaphore leur va bien, non ?
5h49. Et je trouve le moyen de faire des phrases alambiquées, simplement pour dire que le pétrole russe me casse les pieds d'avance. En attendant, mon "paper" urgent pour tout à l'heure rappelle à l'ordre mes méninges passablement épuisées. Le moment est venu de retourner pédaler dans la choucroute. Sans mentir, je pédale vraiment. Et pour ceux qui ne le savaient pas encore, je n'ai guère le goût de la bicycleeeeetteeeuuuhh que chante Montand. C'est dire si la nuit a été longue...
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