lundi 14 février 2011

"Les WC changeront la face du monde" (réplique culte dans Hercule, version Disney... chacun ses références !)


A bon entendeur... cet article ne sert pour ainsi dire à rien, et ne comporte en aucun cas la touche poétique et émotionnelle de celui qui le précède.

Saint Valentin 2011 - 17h15
Je viens de m'accorder une pause WC au beau milieu de la lecture au combien fastidieuse d'un bouquin sur la culture du sucre et son rapport au pouvoir. Cela ne vous dit rien ? Of course not, il doit y avoir tout au plus dix personnes sur la planète que cela pourrait (éventuellement peut-être qui sait ?) intéresser. Toujours est-il que pour ne point m'endormir sur une soixantaine de pages d'un anglais pontifiant, l'absorption une certaine quantité de café était requise. Par le truchement d'une relation de cause à effet évidente, je me suis donc retrouvée aux toilettes, pressée de soulager un besoin physiologique qui a eu l'heur de troubler ladite lecture. Plongée dans un état de profonde perplexité dont seuls les séjours aux WC savent être cause, une pensée à la fois parfaitement inintéressante et censée m'est venue à l'esprit, tandis que je déroulais le papier toilette. Il n'y a jamais pénurie de papier dans ces toilettes. Où que j'aille sur le campus, je trouve systématiquement des toilettes propres et équipées. Qui en France n'a jamais ressenti gêne et exaspération à constater l'absence de substances hygiéniques dans les toilettes du lycée ou de la station service ? Au contraire, toute personne avertie commence par vérifier la présence de papier ou non avant de refermer le verrou. Et celle qui a l'infortune d'oublier cette étape cruciale se retrouve régulièrement à fouiller les poches de son jean dans l'espoir d'y dénicher un vieux paquet de mouchoirs en papier à moitié plein. Cette personne risque d'être moi, à mon retour, dans quelques mois.

L'abondance de papier toilette. Voilà encore, s'il en était besoin, une preuve de plus de l'efficacité à l'américaine.

samedi 22 janvier 2011

La mésange est revenue

Maman nous a quittés brutalement mi-décembre, tombée quelques pas avant sa maison. Du fond de ma tristesse, un matin, deux jours après Noël, je regardais dans le jardin. Je surpris des mésanges bleues qui menait leur ballet tout près de ma tête. Je ne bougeais plus, je les observais, fasciné, surpris de ne pas voir les moineaux habituels. Non, cette fois, c'était des mésanges dans leur robe jaune et bleue.

Je me suis souvenu alors de notre enfance et des mésanges qui nichaient dans la vieille pompe toute rouillée du jardin. Nous soulevions délicatement le couvercle pour regarder mère et petits au creux d'un lit douillet. Tous les ans, c'était un rendez-vous.

Remontant dans la maison, je tombais sur un magazine de ma fille. En couverture du premier de la pile : les mésanges ! Amusant. Pourquoi tout à coup toutes ces mésanges ? Le soir même, nous partions dans le Nord chez des amis. Dans l'entrée, un tableau : les mésanges ! Un signe ? Sûrement, le tableau devait être là depuis longtemps... Eh bien non : nos amis l'avaient raccroché tout récemment.

On croit ce que l'on veut. Trois fois les mésanges se sont présentées à moi dans la même journée, surgissant de temps aussi anciens que l'enfance. Oui, on croit ce que l'on veut. Mais à moi, ces mésanges m'ont au moins rappelé ce doux temps où Maman nichait avec nous. Je me suis senti appelé à écrire un nouveau poème pour saluer ces anges. J'ai choisi un sonnet et ces alexandrins légers qu'elle aimait tant.




La mésange est revenue

Au milieu de l’hiver l'étoile a disparu
Le ciel blanc s’est ouvert au milieu de la rue
Un morceau d’univers à jamais s’est perdu
Nos voix, nos chants, nos airs sont des pleurs éperdus

Mais ce matin, sautillant, picorant les miettes
Plumes d’or et saphir, la mésange proprette
Air espiègle, œil brillant, gentille pipelette
Voletait entre amies en piaillant à tue-tête

Te souviens-tu ? La mésange nichait chez nous
Et cachait ses petits tous les ans dans un trou
Ce matin, la mésange est restée avec nous

Le corps lourd reste en terre et l’esprit part aux nues
De là-haut, susurrant de son chant continu
La mésange, un temps passagère, est revenue

Jean Haguet, janvier 2011