Je me suis souvenu alors de notre enfance et des mésanges qui nichaient dans la vieille pompe toute rouillée du jardin. Nous soulevions délicatement le couvercle pour regarder mère et petits au creux d'un lit douillet. Tous les ans, c'était un rendez-vous.
Remontant dans la maison, je tombais sur un magazine de ma fille. En couverture du premier de la pile : les mésanges ! Amusant. Pourquoi tout à coup toutes ces mésanges ? Le soir même, nous partions dans le Nord chez des amis. Dans l'entrée, un tableau : les mésanges ! Un signe ? Sûrement, le tableau devait être là depuis longtemps... Eh bien non : nos amis l'avaient raccroché tout récemment.
On croit ce que l'on veut. Trois fois les mésanges se sont présentées à moi dans la même journée, surgissant de temps aussi anciens que l'enfance. Oui, on croit ce que l'on veut. Mais à moi, ces mésanges m'ont au moins rappelé ce doux temps où Maman nichait avec nous. Je me suis senti appelé à écrire un nouveau poème pour saluer ces anges. J'ai choisi un sonnet et ces alexandrins légers qu'elle aimait tant.
La mésange est revenue
Au milieu de l’hiver l'étoile a disparu
Le ciel blanc s’est ouvert au milieu de la rue
Un morceau d’univers à jamais s’est perdu
Nos voix, nos chants, nos airs sont des pleurs éperdus
Mais ce matin, sautillant, picorant les miettes
Plumes d’or et saphir, la mésange proprette
Air espiègle, œil brillant, gentille pipelette
Voletait entre amies en piaillant à tue-tête
Te souviens-tu ? La mésange nichait chez nous
Et cachait ses petits tous les ans dans un trou
Ce matin, la mésange est restée avec nous
Le corps lourd reste en terre et l’esprit part aux nues
De là-haut, susurrant de son chant continu
La mésange, un temps passagère, est revenue
Jean Haguet, janvier 2011
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