lundi 30 août 2010

Emploi du temps pennsylvanien

Après quelques rebondissements, je sais à peu près à quoi va ressembler mon emploi du temps ce semestre. Des cours du lundi au vendredi, à peu près autant qu'en France, mais en mieux parce qu'ils ne durent jamais plus d'1h30 à la fois. Les Américains ont probablement compris que les jeunes immatures que nous sommes ne peuvent pas prêter attention au propos d'un professeur pendant deux ou trois heures d'affilée.
Résumons donc :
- Un cours d'histoire de l'art (merci la Catho de l'exiger) : la peinture en Europe aux XVIIème et XVIIIème siècle - pas franchement ma tasse de café, même pas du tout, mais je suis aux ordres de la faculté... -
- De l'allemand (vive l'accent de certains Américains, hé hé)
- Histoire de la Russie : pour ma culture, et aussi pour satisfaire aux exigences du programme d'échange dont je fais partie.
- Ecrire pour le Junatian, le journal de l'université.
- Informatique : eh oui, pas le choix. Heureusement, il paraît que ça ne demande quasi pas de boulot.
- Communication interpersonnelle (traduit littéralement) : objectif : se décoincer et s'exprimer facilement à l'oral en classe, de manière à apprendre à analyser les réactions de l'autre ainsi que les miennes et agir en fonction. En gros, apprenons à écouter et décoder les messages et émotions des humains, y compris sa propre personne, à travers leur communication verbale et non verbale.
- Et enfin, et j'ai gardé le meilleur pour la fin : analyse des médias (idem, traduit littéralement) : un bon vieux cours théorique comme on les aime, à appliquer à un projet personnel. Il s'agit d'apprendre des méthodes d'analyse d'éléments médiatiques et d'utiliser ces méthodes pour décortiquer un sujet choisi par moi, à savoir une publicité, un speech d'homme politique, ou encore une séquence de film, un livre pour enfant. Cela sent la prise de chou, mais comme j'ai la prof pour moi toute seule pour m'aider à m'en dépatouiller, je prends ! L'occasion de faire travailler mes petites méninges, pour une fois, et pour de vrai !

De fait, je vais devoir bosser. Mais rendez-vous compte, ils ont un vrai journal publié régulièrement, avec une vraie rédactrice en chef et de vrais responsables de rubriques... Ca en jette, non ? Des profs accessibles avec de vrais bureaux avec de vraies portes ouvertes aux visiteurs éventuels... et nombreux ! Qu'elle est loin, la douce université française...

¡Hipermejor!

Samedi, voulant inviter des amis à un barbecue, je me suis moi aussi lancé à l'assaut d'un monstre sacré de la distribution, leader espagnol et local de l'étape : El Corte Inglés. 16 millliards déuros, 100.000 employés, c'est une institution. Elle étonne même les Espagnols par sa capacité à résister aux Carrefour et Auchan, tant ses prix restent élevés. Peut-être la fierté espagnole pousse à consommer local ? D'autres disent que leurs magasins sont toujours bien situés et en centre-ville pour la plupart.

Cela dit, ce qui frappe surtout, c'est le concept du Corte Inglès. La boutique du tailleur fondée en 1890 à Madrid (le nom signifie "la coupe anglaise") devient dans les années 1930 un magasin façon Printemps. Mais c'est surtout dans les années 1960 que El Corte Inglès se met à imiter les "department stores" américains, se comparant aux Macy's ou autre Sears. Le leitmotiv est simple : on peut tout acheter au Corte Inglés.
Jugez plutôt : prenez les Galeries Lafayettes, croisez-les avec Carrefour, intégrez dans le tout une galerie marchande et ajoutez une pincée de services. Voilà, c'est prêt à consommer ! Saucissons, chaussettes, dentifrice, draps, barbecue, ordinateur, armoire, voiture, voyages, assurances, clubs de golf, manteau, valise, siège de jardin, chaussures, bijoux, livres... que sais-je encore ? Je me souviens, à Séville, je me suis même fait couper les cheveux dans ce capharnaum bon chic, bon genre. Un jour, je devrais demander un éléphant rose. Mais je n'ose pas, ils seraient capables de me le fournir ! J'ai peur que le vendeur me réponde : "¿De Africa o de Asia, señor?"
En attendant, pour mon barbecue, je me suis enfilé les interminables linéaires de saucisses de l'Hipercor, l'hypermarché intégré. Je slalome entre les jambons, j'avise les chorizos. Toutes les tailles, toutes les nuances du rouge et du violacé... Dans les hauts parleurs, des pubs enregistrées. Toujours le même homme donnant la réplique à la même femme (fidèles ces deux-là, c'est bien, y a-t-il un message subliminal, qui tendrait à rappeler à la ménagère collet monté que la marque soutient le modèle familial traditionnel ? je m'interroge...) ; et toujours le même slogan qui nous avait amusé les premiers jours, quand c'était encore dépaysant : "Hipercor, hipermejor!" Pour les enfants, cela a été le premier contact avec la langue de Cervantès. Ah, je verse une larme... et je reprends ma quête de saucisses. "Hipercor, hipermejor!" Aargh, encore !
Je mesure le temps passé au nombre de pubs. J'active afin d'éviter la suivante. Allume barbecue, baguettes en bois, dentifrice (rien à voir mais puisque c'est là....). Il y a des mots que je ne comprends pas, par exemple "añojo". Qu'est-ce que c'est comme animal ? J'appelle SVP : "Allo, regarde dans le dictionnaire, stp !... Comment ? ça veut dire veau ou agneau ??" Me voilà perplexe. Drôle d'animal en effet ; ils n'auront pas osé les croiser ?! Ah, non : il s'agit d'animaux de moins d'un an (año = année). Encore un mystère pour expatriés élucidé ; je me sens très intelligent. Tout de même, les pauvres bêtes ! Je n'ose pas en faire un barbecue, je passe rayon boeuf. "Hipercor, hipermejor!" Bon, ça commence à suffire. J'envisage de projeter une saucisse dans le haut parleur mais j'en ai besoin pour ce soir. Le combat est inégal. Je fonce vers la caisse.
Et voilà : ils m'ont énervé mais j'ai acheté. Et à coup sûr, je reviendrai. Ils sont très forts. Hipermejor.

dimanche 29 août 2010

SuperMarché/SuperConso


Je n'ai pas encore eu l'occasion d'entarter Superman(tarte) mais j'ai en revanche fait un petit tour au paradis de la consommation sur terre : Walmart. Le super hypermarché qui fait pâlir d'envie Carrefour, petit joueur dans sa catégorie. Vous trouvez le rayon céréales délirant au pays du "positif de retour" ? Vous n'avez encore rien vu. Et c'est sans compter les barres de céréales de toutes sortes, les pains de mie à tartiner de beurre de cacahuète...

Accroche : "Economisez. Vivez mieux." Beau programme. On trouve tout. Littéralement. Carrefour et Ikea deux en un, ou presque. Ils ont même des adaptateurs pour nous autres malheureux Européens qui ne pouvons brancher nos ordinateurs afin de Skyper avec nos familles. Au moins un problème de réglé de ce point de vue (yes !!), ce qui ne nous empêchera pas - Américaines, Française et Allemande - de retourner dès demain nous perdre au "paradis", ouvert le dimanche et les six autres jours de la semaine, 24h/24. En Amérique, on ne parle pas la langue des 35h. Est-ce un mal ou un bien ? Pour l'instant, cela arrangerait plutôt mes affaires...

samedi 28 août 2010

Skype #1: des super héros et des tartes




Jean : on a regardé Spiderman 3 hier en DVD et je me suis enfilé les bonus sur le making off : je suis vraiment impressionné par ces gens, cette industrie. Tellement de compétence, de professionnalisme, d'attitudes positives, de volonté de se dépasser...


Clémence : Oui, c'est ce que je ressens déjà ici aussi auprès du staff. Ils se retroussent les manches, veulent avancer et tout faire pour te pousser aussi. Le prof qui me conseille m'a dit que je finirai par être agacée par tous leurs mails, leurs exigences. J'ai répondu que je demandais à voir, parce que c'est justement ce qui nous manque beaucoup en France


Jean : c'est de l'énergie pure ce pays, même si ce sont des bourins


Clémence : oui, ça va faire du bien ! :)
Clémence : il y aura un Spiderman 4, si ça t'intéresse, avec un autre acteur dans le rôle principal


Jean Haguet: woa, qui ? pourquoi ?


Clémence : je crois qu'il y a eu désaccord avec l'acteur des trois premiers, et ils ont pris un inconnu pour le remplacer, j'ai oublié son nom. Un petit jeune


Jean : hum...
Jean : par contre le $ est roi, ils ne rigolent pas avec ça...


Clémence : non, il ne semble pas


Jean : c'est leur vraie religion, l'étalon du mérite


Clémence : c'est un peu leur défaut, le nôtre étant plutôt l'inverse, cette volonté hypocrite de mépriser l'argent


Jean : en France, on méprise l'argent car on en a peur


Clémence : je te rassure, je ne me convertirai pas à cette religion là :P


Clémence : sans devenir des Américains en puissance, on pourrait  moins se prendre le chou


Jean : yup


Clémence : j'ai l'impression que nous avons peur de beaucoup de choses, d'ailleurs... Bref, ça va être intéressant de rencontrer des étudiants américains pour parler de tout ça !


Jean : les Ricains aussi, plutôt pour la sécurité


Clémence : Andrew Garfield, c'est le nom de l'acteur choisi pour Spiderman 4. Et un certain Marc Webb comme réalisateur. Je ne le connais pas


Jean : ben, moi non plus !


Clémence : normal, il n'a fait qu'un film avant, 500 jours ensemble, et apparemment, c'est un spécialiste de la réalisation de clips


Jean : il faut changer MJ aussi, elle est un peu tarte


Clémence : complètement, oui, mais c'est malheureusement souvent le cas pour le "love interest" des super héros... Elles servent de faire-valoir, de demoiselles cruches en détresse


Jean : oui, ils doivent sauver le monde, ce qui les empêche de rentrer à 6h du soir


Clémence : pour manger le dîner et écouter bobonne raconter sa journée...


Jean : non vraiment, c'est trop de responsabilité d'être un super héro... En revanche, le côté "c'est bon d'être méchant" dans Spiderman 3 est plus intéressant


Clémence : je t'avoue que je ne l'ai pas vu. Je préfère Batman. C'est plus sombre, mais plus intéressant, et c'est un être humain très entraîné avec plein de super gadgets, pas une araignée humaine ou un extraterrestre. Iron Man aussi, j'aime bien, pour l'humour notamment


Jean : c'est mieux avec de l'humour, sinon c'est tarte. Le dernier Batman était très abouti


Clémence : oui, certes. C'est pour ça que je n'aime pas la BD Superman


Jean : Supertarte !


Clémence : Exactly :D  On devrait le renommer


Jean : et l'entarter


-- The End --