Magnifique ton poème. Les images sont très fortes et on sent beaucoup de sincérité. La poésie devrait toujours faire vibrer nos émotions comme des notes sur les cordes d'un violon : si le poème est sincère, on sent bien notre âme chanter au dedans !
Pour faire pendant à ton poème, en voici un que tu connais mais que je partage pour nos lecteurs poètes ;-)
Tout comme il faut un peu de technique pour tirer le meilleur du violon, il en faut bien aussi pour la poésie. Tant qu'elle reste cachée ; comme évidente à la première lecture. Dans celui-ci, j'ai mis des vers de 13 pieds, le nombre symbole de l'adolescence (sais-tu que "teenager" vient du fait que l'âge de l'adolescence correspond aux nombres se terminant par "teen" ?). Un vers de 13 pieds, c'est comme un alexandrin bancal, maladroit, mal sur ses pieds comme en l'on est à l'adolescence...
Mon adolescence est dans le placard
Un jour, de passage dans la chambre du passé
Des gestes réminiscents me menant au hasard
J’ouvris une porte de manière inopinée.
Dans un grincement, dans l’évent d’odeurs oubliées
Je vis surgir mon adolescence du placard.
Cravates démodées,
Nœuds papillon froissés,
Chaussettes en jacquard,
Foulards un peu ringards,
Souvenirs touchants d’une maladroite élégance.
Textes nés en cachette,
Reliquats de bluettes,
Lettres abandonnées,
Visages oubliés,
Témoins émouvants d’une autre et antique existence.
Doux berger des objets bien rangés dans le tiroir
L’ours en peluche bras en croix figé dans le temps
Gardait les yeux ouverts sur ce coin de ma mémoire.
Et le meuble renvoyait à travers son miroir
L’image étonnée d’un homme resté un enfant.
Bris d’avions en maquette,
Vieux boutons de manchette,
Auto-collants variés,
Médailles emmêlées,
Reflets troublants d’un étranger sorti de l’enfance.
Ecrits d’un cœur en miettes,
Amours insatisfaites,
Des mots un peu criards,
Des relents de cafard,
Rappels amusants de vaines et naïves souffrances.
Tout était là, devant moi, vérité retrouvée
Sentiments retournant au lit frais de leur rivière
Douloureuse marée sur ma mémoire asséchée.
Moi, versant quelques larmes sur les fruits du passé
J’en goûtais l’amer sucre aussi ambigu qu’hier.
Jean Haguet, juillet 2009
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