
Thanksgiving break. 5 jours de pause bien mérités pour célébrer la générosité des Indiens avec les premiers colons. Traduit par "l'action de grâce", le 3ème (ou en l'occurrence 4ème) jeudi de novembre est chaque année consacré à un hommage rendu à l'entente première entre autochtones et étrangers fraîchement débarqués sur les rives du Nouveau Monde. Tout ceci bien sûr avant les couvertures contaminées et la gnôle empoisonnée... Quelle que soit l'ironie liée à la fête, je ne me plains pas de ces quelques jours de vacances. Et avant de me rendre chez Becca, une Américaine, avec les trois autres Françaises présentes sur le campus, j'ai eu droit à un avant-goût de la corne d'abondance sonnée ces jours-ci avec un repas de Thanksgiving prévu pour les internationaux.
Charmante idée en théorie. Jusqu'à ce que je me pointe au Oller Center - bâtiment qui abrite les services internationaux - et croise Nathan, dont je vous passerai les titres parce que je ne les connais point, qui se trouvait en panne de mains serviables pour l'aider à préparer le dîner en question. Serais-je libre à 16h30 ? Bien sûr, comment pourrais-je refuser d'étaler mes talents d'éplucheuse de patates ? L'idée ne m'a même pas effleurée. De toute façon, j'étais coincée, je n'avais pas compris sa question précédente et venais de lui dire que je comptais venir au repas... Cela m'apprendra à prétendre comprendre l'anglais. Le rendez-vous pris, je me suis empressée de demander main forte à Cyrielle, histoire de joindre l'utile à l'agréable, à savoir faire salon tout en épluchant, râpant, hachant, mitonnant, et... mangeant. J'ai mieux compris le cri de désespoir de Nathan (bon, expression un peu trop mélodramatique, quand on le connaît ; l'individu est plutôt du genre placide) quand j'ai vu la pile de 15kg de pommes de terre qui attendaient gentiment que nous réglions leur sort. Et avec un seul économe pour trois, s'il vous plaît.
Une, deux, épluche, épluche, tranche, tranche, lave-toi les mains, épluche, épluche, tranche, tranche, nettoie vaguement une coupure inopportune sur ton index... Je n'ai pas compté les potatoes, pas le temps, il fallait passer à la farce à mettre en petites boules - allez savoir pourquoi - et au four, avant de s'attaquer aux pumpkin pies (tartes à la citrouille). L'avantage chez la plupart des Américains, c'est que les desserts sortent de jolies boîtes. En l'occurrence, des boîtes de conserve pour la citrouille et le lait condensé, un mélange rapidement effectué avec une tonne de sucre et épices, avant de les verser sur des pâtes à tarte industrielles. Léger souci : cela faisait déjà deux heures et demie que nous travaillions, il était environ 19h, le dîner était prévu à 18, et les tartes avaient besoin de cuire pendant une heure. Vous suivez ? Ah, j'oubliais presque... il y avait 4 tartes pour un four qui ne pouvait en contenir que deux à la fois. Bref, autant dire que nous avons d'abord servi le salé et au final, seulement le salé. Les pommes de terres assassinées avaient pris la forme d'une savoureuse purée qui, ma foi, en valait bien la peine. La dinde quant à elle avait cuit bien sagement pendant un peu plus de trois plombes.
Le jeu en valait l'épluchure, tout le monde s'est régalé. Une majorité d'Asiatiques s'étaient pointés au dîner, accompagnés par les British et autres Hispanophones. Tout a disparu en un rien de temps, mais peu ont goûté aux fameuses tartes qui ont continué à cuire un moment. Entretemps, Kati, la responsable du service international, était venue au secours de Nathan pour superviser les fins de cuisson et le nettoyage de la cuisine. En bons petits soldats qui se respectent, Cyrielle et moi sommes revenus finir la vaisselle, et testé la pumpkin pie au passage - pas ma tasse de thé, non point ! Nous avons finalement regagné nos pénates l'estomac plein et satisfaites d'avoir mis la main à la pâte, dans tous les sens du termes. Encensées de moults remerciements de la part de Nathan : "Je n'aurais pas pu m'en sortir sans vous." "Tout le plaisir était pour nous." Ou presque, je n'ai plus de pieds. Mais puisqu'il s'agit de célébrer la générosité, je les sacrifie gaiement, quitte à avoir une démarche de dinde sur le chemin du retour... Happy Thanksgiving :)
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