Il pleuvine, l'automne pennsylvanien perd de ses couleurs. Lille ne semble tout à coup plus si loin... :)
Merci pour vos messages d'encouragements à la suite de ma bafouille d'hier, je finirais par croire que les tourbillons de mon cerveau constituent matière réellement intéressante pour une plume trop souvent laissée dans l'encrier. Que dire de plus moins de vingt-quatre heures après mes derniers mots ? Je continue à réfléchir à l'Amérique, aux Américains. Je m'interroge sur cette aptitude qu'ils ont à la superficialité dans leurs relations, au dur labeur qui attend quiconque tenterait de se rapprocher plus près de leur apparent enthousiasme. A première vue, on croirait que le sourire qu'ils arborent invite à gratter la surface, à scruter leurs regards brillants, sans s'imaginer qu'ils n'ont peut-être rien d'autre à offrir que leurs dents blanches et quelques minutes de bavardage sans conséquences. Sans en faire une généralité empreinte d'une connotation négative à la française, je n'en reste pas moins surprise de cette découverte, et quelque peu fascinée. Ce fonctionnement m'est totalement étranger. Dépaysement complet. Je croyais que certains films hollywoodiens exagéraient. Peut-être pas, finalement.
Soigner les apparences, oui. Nous le faisons aussi outre-Atlantique, mais je ne peux m'empêcher de penser que le sourire est moins éclatant, et le ton moins enjoué (moins mensonger ?). Il a pourtant quelque chose de merveilleux, cet enthousiasme déroutant: "That's exciting!", "It's great!", "Awesome! It's gonna be so much fun!". L'étranger a l'impression que ses mots comptent, qu'ils ne sont pas seulement entendus, mais écoutés, et suivis d'une réponse sincère. Il croit réellement recevoir quelque chose. Et c'est le cas ! La réaction est sincère. Mais... Pour aller plus loin, c'est une autre paire de dents. Aussi blanches soient-elles (entre les dentifrice, fil dentaire, et autres bains de bouche, on ne se demande plus d'où viennent ces dentitions improbables), pour s'asseoir deux heures dans un canapé et refaire le monde et soi-même, les Américains ne nous arrivent pas à la canine. Dans ce domaine, les Européens n'ont pas leur pareille. Parler de soi, de ses sentiments, de son histoire, ici, je sens que cela ne va pas de soi. Peut-être est-ce ma tendance maladive à vouloir craquer d'emblée la surface et plonger en profondeur sans autre forme de procès, quitte à y aller à l'aveugle, en apnée. Je crois tout de même qu'il y va de leur culture. Et les méandres de mon cerveau ont trouvé là un inépuisable sujet de divagations... Si d'aventure, je m'y cassais les dents, je suis sûre de trouver un remède au pays de la mâchoire parfaite.

Sur ce, bonne nuit, bon courage pour le réveil qui guette déjà les lèves-tôt de l'autre côté de l'océan, et si quelqu'un a une réponse à offrir à mes interrogations... libre à lui de commenter !
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