
J'ai renvoyé aux oubliettes l'imbroglio complexe de la révolution russe pour me concentrer sur un autre de mes hobbies. L'heure était au cinéma ! Ce soir, il a pris l'énigmatique nom de Blind Side. Titre qui fait référence au rôle d'un joueur de football américain assigné à une position particulière en attaque. Je ne connais pratiquement rien au football américain, si ce n'est les règles de base, et ne tenterais pas de me lancer dans un vain exposé sur le pourquoi du comment de ce sport. Brutal, pour le moins, mais néanmoins susceptible de vous donner quelques frissons - notamment par le truchement de la ferveur des supporters...
Résumons : une riche mère de famille doublée d'une femme d'affaire déterminée (et blanche) du Tennessee accueille sous son toit Michael, une nouvelle recrue de l'école de ses enfants issue des bas quartiers de Memphis. Un adolescent Afro-Américain, sans domicile ni famille, entré dans les rangs de cet établissement chrétien non grâce à la charité de ses dirigeants, ou si peu, mais après que le coach de l'équipe de football ait vu un certain potentiel à son mètre quatre-vingt treize et ses cent allez-savoir-combien de kilos. Nul ne se préoccupait de savoir s'il avait un toit sur la tête en dehors des murs du lycée. Jusqu'à ce que cette femme décidément déterminée l'invite à partager celui de sa famille. Quelques nuits sur le canapé, et Michael se voit installé dans sa propre chambre. Remeublée pour l'occasion, Leigh Ann, sa bienfaitrice, lui montre sa nouvelle commode, son bureau, et surtout, le grand futon nécessaire au sommeil d'un jeune homme de sa carrure physique :
Michael : Alors, c'est à moi ?
Leigh Ann : Oui, à toi.
Michael : Je n'en ai jamais eu.
Leigh Ann : Quoi ? Une chambre à toi ?
Michael : Non. Un lit.
Il sourit. Elle s'éclipse soudainement pour dissimuler son émotion.
Un film à voir. Un de ceux qui vous redonne foi en l'humanité, qui vous fait penser que l'homme est la plus magnifique des créations. Dans cette histoire, cinq vies ont changé : celle de Michael, et celle des quatre personnes qui lui ont fait (re)découvrir le sens des mots "amour", "famille", "confiance" et les ont compris autrement grâce à lui. Une histoire vraie, qui met aussi le doigt sur des plaies américaines encore ouvertes - le statut des minorités, un passé d'esclaves et esclavagistes encore à vif. Pour une raison inconnue, ce film n'est pas sorti en France, mais il est (normalement) disponible en DVD. Pour ceux qui aiment les histoires porteuses d'espérance pour le genre humain, il s'agit réellement d'un beau film américain, au petit budget qui le protège de certains excès mélodramatiques... a mon humble avis, en tout cas. :)
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